Chronique de The Birthday Massacre - Under your Spell

 

The birthday massacre under your spell

Après “Imagica” en 2016, The birthday Massacre nous revient cette année avec « Under your spell » leur tout dernier album sorti le 9 juin 2017 sous le label « Metropolis Records ».
Alors est-on vraiment « sous votre charme » quand on écoute cet album?
Réponse dans cette chronique. 

The Birthday Massacre est un groupe d’electro rock gothique actif depuis 1999, ce qui leur vaut une sacrée expérience derrière et un succès assez conséquent.
Leur univers se vaut volontairement vulnérable et sombre, un contraste que pose la voix douce de Chibi leur chanteuse face aux riffs puissants du groupe.
Quant au synthé, il entonne presque une mélodie enfantine, rêveuse...
Le groupe définit leur univers lui-même comme mignon et mauvais à travers leur nom de scène.
On ressent comme une certaine nostalgie de l’enfance chez The Birthday Massacre, soit on aime, soit on déteste.
Ils ont ce mérite d’avoir un monde très personnel et affirmé.
Le groupe n’hésite pas à mélanger couleurs pastels et univers goth, ce qui en fait grincer les dents plus d’un et fait rêver des milliers d’autres fans.
La pochette de l’album toujours dans les tons violets émane ici plutôt une certaine mélancolie.
Celle-ci reflète complétement l’univers de cet album avec ici un squelette enlaçant son amour, une mystérieuse ombre arborant le symbole du groupe sur sa tête..
Les thèmes de l’album étant ici la mort et la perdition amoureuse, l’illustration est plutôt pertinente. 

L’album démarre avec le titre « One » aux paroles poétiques abordant la mort et la solitude. 
On retrouve ici sans surprise l’univers du groupe avec une intro mélodieuse au synthé, la voix de chibi mélancolique et un super solo de guitare qui envoie du lourd pour démarrer cet album. 

Le groupe enchaine avec « Under your Spell » plus vaporeux que le précédent, plus émotionnel aussi.
Il faudra attendre le refrain pour noter l’apparition des guitares, la montée du son avec celles-ci donne quelques frissons efficaces.
Ce morceau parle d’un amour qui n’est plus assumé mais au contraire regretté.
Quand on offre son cœur à quelqu’un, on lui donne aussi les clés pour nous faire de la peine également.
La chanson parle également que cette expérience certes douleureuse l’as fait devenir quelqu’un d’autre et à été une leçon pour elle. 

On continue avec « All the nothing », qui ressemble à une déception amoureuse de nouveau.
Pour résumer cela je dirais que tout est dans le titre.
Quand tout ce qu’on a vécu ensemble ne signifie plus rien pour l’autre, le groupe présente une autre vision de l’amour pessimiste mais assez réaliste.
Le titre commence avec des chœurs mystiques, suivi d’une guitare fracassante.

Le rendu est assez electro pop mais encore une fois les guitares permettent de trancher et d’apporter un coté beaucoup plus sombre et catchy au rendu.
On entendra même quelques notes de dub-step dans le titre. 

« Without you » repart sur un ton beaucoup plus léger, presque angelique, des notes de synthé qui rappellent des groupes plus oldschool de new wave.
 Le texte toujours aussi sombre sur une promesse non tenue d’un amour qui finalement ne revient pas et s’en va pour de bon.  
Les paroles ici sont plus tristes que faites de rancune, elles parlent d’un vide laissé là, comme un abandon. 

« Counterplane » sonne déjà beaucoup plus métal au début avec des riffs bien lourds de guitare beaucoup plus agressifs que d’habitude.

 Curieusement ça se marie pourtant très bien avec l’atmosphère habituelle du groupe et la voix innocente de Chibi.
Ce titre aborde la mort et plus particulièrement notre disparition face à la vie qui continue sans nous et des regrets que nous avons pour des choses jamais dites.
Un passage traduit menant vers la réflexion : 

« Les gens s'entrecroisent par erreur parfois.
Ça fait mal de partir.
Mais nous ne sommes que des jouets bon marché, perpétuellement cassés
».

« Unkind » démarre direct avec le chant de Chibi, quelques passages sonnant plutôt heavy mais rien de nouveau musicalement dans ce titre en particulier.
Titre évoquant l’amour dans une vision pessimiste ou rien ne dure et où tout recommence pour une durée éphémère.
Le groupe ira jusqu’à qualifier le cœur de menteur qui change tout le temps d’avis.
On y décrit un amour pur d’une durée courte, des mots répétés dans chaque histoire.
Ce qui les mènent à penser que ces rencontres n’ont aucune signification. 

« Games » commence plutôt très bien avec une très belle intro mélodieuse au synthé.
On aborde ici l’art de cacher ses véritables ressentis avec un sourire faussé mais aussi une volonté de rendre heureux l’autre à travers ce masque.
Cette intro se répétera durant les refrains et se révèle assez efficace. 

« Hex » aborde un amour aveugle empreint de volonté de contrôle et de désir menant à quelque chose d’irréel quasi surnaturel.
Une chanson contradictoire, car elle parle aussi d’une séparation.
Trop de poésie tue la poésie…  
Côté musique on note des accents new wave, avec une guitare toujours lourde qui nous fait directement sortir de ce genre pour nous ramener au style originel du groupe. 

« No Tomorrow » encore un titre qui démarre avec des sonorités très métal mais qui malheureusement retombent toujours aussi vite qu’elles explosent.
Niveau chant, on entend une voix plus caverneuse de la chanteuse sur certains passages, ce qui donne une atmosphère ténébreuse à souhait.
Un titre qui se détache vraisemblablement du reste de l’album.
Exit l’univers rose bonbon du groupe, on plonge à travers l’obscurité et j’aime cette expérimentation hors terrains habituels du groupe. 

« The Lowest low » est une ballade parlant d’un passé oublié pour mieux renaitre et devenir une nouvelle personne.
Morceau très calme sans originalité particulière dans l’univers du groupe. 

« Endless » clôt cet album avec un titre très synthpop 80’s revisité particulièrement dynamique et réussi. Le meilleur morceau de l’album à titre personnel. 

 

En conclusion, cet album qui pourtant assez court se montre particulièrement bien maitrisé, avec des tonalités plus new wave que les précédents albums.
La voix de Chibi qui lors de rares passages diffère, reste dans les standards des précédents albums en dehors de l’album « Imagica » qui était plus expérimental.
Ce nouvel album comporte aussi pas mal de compositions au synthé qui adoucissent l’univers du groupe et apportent son lot d’imaginaire et de rêves à l’auditeur.
Les fans ne seront pas dépaysés et si vous étiez fans bien avant « imagica » alors vous adorerez cet album qui est une nouvelle invitation au voyage dans l’univers imaginaire du groupe.