Interview She Past Away au Petit Bain Paris 22/09/2017

Venus in black a eu le plaisir d'interviewer She Past Away à Paris juste après leur show au Petit Bain le 22 septembre 2017. 
Deux versions de l'interview sont disponibles ci-dessous, une en vidéo et une écrite. 

Le groupe nous dévoile la préparation d'un nouvel album ainsi que leurs groupes favoris français et bien d'autres choses...


 

Visionnez cette interview en vidéo

Version écrite: 

Volkan, quels sont les guitaristes qui t’inspirent ?

Volkan:  Mon guitariste préféré est John McGeoch de Siouxsie and the Banshees, mais il y a aussi John Maher bien sûr et Billy Duffy. 
Voilà ceux que je peux citer.

 

Y a-t-il un concert en particulier qui vous a le plus marqué ?

Doruk: C’est difficile à dire, mais le cadre du concert est bien sûr vraiment important et je pourrais facilement dire que c’est le show à Kullaberg festival en Suède au milieu de la campagne. 
C’était un cadre inoubliable qui l’a rendu vraiment spécial.
Volkan: Au Portugal aussi! 
Doruk : Le festival Entremuralhas bien sûr. 
Le cadre était incroyable.

 

Pensez-vous parfois à quitter la Turquie pour des questions d’ordre logistique pour vos tournées ou pour accéder à une culture musicale goth plus développée ailleurs ?

Doruk:  En ce moment, nous vivons hors de la Turquie. 
Volkan vit à Barcelone depuis l’année dernière et j’ai récemment déménagé à Athènes. 
Nous ne l’avons pas fait pour des raisons logistiques, mais lui l'a fait pour des raisons privées bien sûr, il s’est marié… 
Il s’est installé et il a commencé une nouvelle vie là-bas…
 Nous avons déménagé avec ma femme à Athènes parce que nous voulions simplement quitter la Turquie. 
Nous n’avons jamais vraiment aimé la situation là-bas. 
Du coup, ce n’est pas pour des raisons logistiques, mais plutôt pour des raisons idéologiques que nous avons quitté la Turquie. 
Pour des raisons logistiques ? Non, on ne peut pas vraiment choisir ça…
 On n’a pas ce luxe de choisir ou l’on vit, peu importe ce qui doit, arriver arrivera et on atterrit à cet endroit. 
En tout cas vivre enfin en dehors de la Turquie, c’est une bonne chose.

 

Quelles ont été vos plus belles découvertes artistiques en Turquie ?

Volkan:  Mehmet Sander… Il est danseur… 

Doruk: oui de la danse moderne, c’en est un bon.

 Volkan: Nous n’avons pas réellement beaucoup d’influences de Turquie, mais… que puis-je dire… en référence musicale, je peux dire Erkin Koray, un ancien des 70's, du rock psychédélique. 
Je l’aime bien.

Doruk : Il y a beaucoup d’artistes contemporains turcs produisant de l’art moderne que je ne peux pas nommer actuellement, mais certains d’entre eux correspondent à nos goûts.


 

 

Volkan, en tant que fondateur du groupe, qu’est-ce qui t'a poussé à créer un groupe coldwave en Turquie et comment as-tu rencontré Doruk ?

Volkan: J’aime écouter cette musique depuis tant d’années. Du coup, j’ai choisi naturellement de produire ce genre de musique, mais il n'y a pas vraiment de raison. 

Doruk: Oui, il n’y a pas vraiment de but, c’est ce qui vient naturellement de Volkan…
 
Volkan: Nous aimons les sentiments sombres, peut-être que c’est une raison. 
C’est peut-être pour ça que j’ai toujours choisi d’écouter de la musique sombre. 

Doruk:  Comment s’est-on rencontrés ? Nous nous sommes rencontrés en 2009, Volkan voulait enregistrer et produire sa musique et j’avais un label...
 Je suis toujours dans le business de la production du coup je l’ai aidé avec la production et, avec le temps, nous sommes devenus des copains de groupe.
 Nous avons commencé à jouer ensemble, j’ai rejoint la scène et depuis ce temps-là nos vies sont devenues de plus en plus proches. 
C’est comme ça que tout a commencé et maintenant voilà ce qu'est devenu ce duo. 

 

Doruk, vous possédez deux labels dont un qui se nomme « gig tape » qui répertorie des éditions ultras limitées en cassettes de groupes comme « Lebanon Hanover » ou « Selofan ». 
Tout a été sold out victimes de leur succès, pensez-vous qu’il y aura prochainement du renouveau ?

Doruk: Oui, Gig tape a commencé comme un hobby parce que j’aime les cassettes. 
Les cassettes sont le biais par lequel nous avons appris la musique, c’est comme ça que nous avons découvert la musique vers la fin des 80's/début des 90's. 
J’ai voulu faire revivre ce sentiment, presque comme un fétiche pour les cassettes, c’est pourquoi j’ai fait le label Gig tape, produisant à la maison et que des éditions super-limitées de, parfois 25 copies, parfois 50, parfois 100… 
Uniquement la musique que j’aime, les gens que j’aime…
Mais j’ai dû faire une pause sur tout ça parce que nous quittions Istanbul et déménagions à Athènes et, durant ce processus, j’ai dû laisser tous mes enregistreurs de cassettes là-bas…
 Maintenant, je dois remettre en place  tout ce système à Athènes, du coup c’est en pause pour le moment, mais je reviendrais certainement avec de nouveaux artistes, de nouveaux albums… 
Je ne suis pas très sûr de refaire les albums que j’ai déjà produits… 
Je ne veux pas me répéter, mais je veux m’agrandir avec d’autres groupes, d’autres musiques et élargir mon catalogue.

 

Cela fait deux fois cette année que vous faites un sold out lors de vos concerts à Paris, avez-vous remarqué un tel engouement aussi dans d’autres pays?

Doruk:  Bien sûr.  Durant ces dernières années, presque tout affichait également complet. 
Nous avons ressenti cet enthousiasme dans beaucoup de pays, mais le Mexique sort du lot parmi tous en quelque sorte. 
Je ne veux comparer aucun pays ou aucun public, tout le monde est génial, mais il y a quelque chose de spécial avec le Mexique, je ne sais pas trop… (rire) Ils deviennent fous…
Volkan: Trop passionnés… (rires) 
Doruk: Oui, presque trop… 
Mais ce soir à Paris, juste après le show, nous nous sommes dit « c’est comme le public Mexicain »… 
Autant d’enthousiasme et de soutien, de cris dans la salle… nous avons vraiment adoré. 
Paris est génial, la dernière fois c’était également très bien, nous avons ressenti l’excitation et de nouveau sold out et autant de passion que la dernière fois. 
Que dire d’autre à part « Merci Paris » ? (sourire) 


Notre scène regorge de groupes coldwave et pourtant en quelques années vous vous êtes rapidement démarqués des autres naturellement.  Quel est votre secret ? ;-) 

 Doruk:  Nous ne ressentons pas cela comme ça. 
Nous n’avons pas vraiment de secret. 
Nous ne nous sentons pas au-dessus des autres. Nous ne devrions pas le dire de cette manière. 
C’est au public de décider de cela. S’ils le ressentent comme ça, merci beaucoup, mais, tu sais, nous ne partons pas en quête d’une success story.
Nous faisons de la musique et voilà toute l’histoire. C’est une bonne chose si on peut vendre ça. 
Bien sûr, c’est très satisfaisant que notre musique soit reçue par un public si large, ça nous enchante vraiment beaucoup, je ne peux pas le nier, mais nous ne pouvons pas planifier un succès. 
Si ça doit arriver, ça arrivera, si ce n’est pas le cas, eh bien tant pis.



Y a-t-il bientôt de la nouveauté en enregistrements, écriture d'un nouvel album, qui est actuellement en préparation pour She Past away ?

Volkan: Oui, nous sommes en train d’enregistrer, mais je pense que vers la moitié de l’année prochaine, nous préparerons des choses. 
Doruk : Nous n’avons pas planifié de date de sortie, mais nous travaillons sur du nouveau contenu en cours d’enregistrement en ce moment. 
On espère sortir quelque chose dans le courant de l’année prochaine quand nous aurons le sentiment que c’est abouti.

 

 

 Y a-t-il des groupes français de coldwave que vous aimez particulièrement ici ?

Volkan : Bien sûr.

Doruk : Quand tu dis coldwave, ça sonne presque français, c’est un mot français. (rires)

Volkan: Asylum Party, le meilleur groupe français pour moi et Little Nemo. Ce sont les deux groupes que j’aime le plus.
Il y a aussi Opera Multi Steel, mais il y en a bien d’autres…
 Cold Dreams est un groupe génial également ! 

 

 

Connaissez-vous quelques mots en français ?

Doruk: Je t’aime… Salut… (rires) 
Non pas vraiment, nous ne savons pas tant de mots français que ça.
 Je ne sais pas trop pourquoi, c’est bizarre…
 J’y ai pensé, nous n’avons pas dit beaucoup de mots en français ce soir. 
D’une certaine manière, le français semble si loin…
 Nous parlons plus allemand et même suédois…

Volkan: J’écoute beaucoup de groupes français et j’ai oublié dire Mylène Farmer, c’est une pop star, mais je suis vraiment fan de cette femme, surtout ses deux ou trois premiers albums. 
Il y a aussi Taxi girl… 
J’aime écouter le français, mais je ne peux pas parler français.

Doruk:  Le français sonne bien cependant, c’est magnifique, ça sonne esthétique d’une certaine manière.

 

Interview réalisée par Venus in Black. 
Traduction : Michal U.