Interview Marianne Stern

Marianne Stern

Entretien avec Marianne Stern, auteur française de romans fantastiques et de science fiction. 

Entre atmosphère Steampunk, histoires sombres de complots, ambiances militaires et industrielles aux clins d'oeil rock et aux virages d’ambiances gothiques . Marianne nous fait voyager dans ses livres d’un pays à l’autre dans différentes cultures et à travers les époques. Accrochez vos ceintures, embarquement immédiat ! 

Bonjour Marianne, 

Vous étiez présente au salon des Imaginales ce 17 Mai, comment s'est passé le salon pour vous en tant qu'auteur et visiteuse du salon ? Qu'en avez-vous pensé ?

Les imaginales, c’est un festival magnifique. Beaucoup d’auteurs, d’éditeurs, de lecteurs, de passionnés de l’imaginaire font le déplacement chaque année. L’occasion, pour moi, de passer un bon moment avec des amis auteurs, de croiser des lecteurs qu’on retrouve régulièrement d’un salon à l’autre, d’échanger. C’est toujours fantastique lorsque l’on vient me voir pour me dire « Smog, c’est vachement bien ! », qu’on vient chercher Scents of Orient parce qu’on a été conquis par le premier opus. J’adore ces moments, les discussions improbables qu’on arrive à avoir parfois, me faire dédicacer des romans, ou bien me sentir toute petite devant Jean-Philippe Jaworski, ce grand monsieur de la fantasy. C’est un de mes salons préférés sur l’année.
 

Pourriez-vous nous parler un peu de Scents Of Orient, l'intrigue se déroulant en Inde comparé au premier tome, quelles sont les différences par rapport à l'atmosphère du premier et de celui-ci ? Que retrouve t-on aussi en commun dans les deux tomes ?

Je souligne à nouveau un point d’importance, il ne s’agit pas d’un tome 2 ou d’une suite de Smog of Germania à proprement parler. Ce sont deux récits du monde mécanique, aux intrigues indépendantes, que l’on peut lire séparément, dans l’ordre que l’on souhaite, et sans aucune obligation de lire les deux pour avoir une fin à l’histoire.
Smog of Germania se situe en Allemagne, au début des années 1900. Le lecteur pourra apprécier – ou non – l’atmosphère très noire et pesante du roman, explorer Germania des bas-fonds jusqu’aux cieux, plonger dans le smog noir qui a envahi la ville.
Scents of Orient se déroule quelques années plus tard à Surat, dans les colonies britanniques. Changement de décor, changement d’ambiance, beaucoup plus légère, frivole, colorée, insouciante en apparence. Toutefois, il est dur de renier ma nature profonde, si bien que l’on va retrouver des personnages tout aussi infréquentables que dans Smog. Le cadre change, l’univers demeure. On croise également la route de personnages rencontrés dans l’opus précédent, les lecteurs qui les ont appréciés seront donc ravis !

 
Smog of germania
Scents preview

Dans vos livres vous abordez pas mal de sujets autour de l'aviation, j'ai également lu que vous aviez exercé dans ce domaine de façon professionnelle par le passé. D'où est venu cette passion ? Est-elle à l'origine de cette inspiration pour créer des histoires steampunk, incluant des descriptions de mécanismes et de machines volantes ?

Je suis tombée dans l’aviation un peu au hasard, je pilote depuis à mes heures perdues, j’aime les machins volants. J’ai une vision du steampunk qui met en scène de gros zeppelins, et cette passion des avions contribue sans doute à créer les aérostats rencontrés dans Smog of Germania et Scents of Orient. Nombre d’éléments techniques propres à ces engins n’ont pas été inventés ! Et le Steampunk, ce sont également les machines, la vapeur, les engrenages, les mécanismes. Puisque j’ai une imagination débordante, c’est donc parfait.

 

On ressent également beaucoup d'inspiration venant de l'Allemagne, qu'est-ce qui vous passionne le plus dans ce pays et qu'il faudrait que tout le monde puisse découvrir là-bas ?

Pour avoir vécu presque sept années là-bas, il est clair que j’y puise souvent mon inspiration. Smog of Germania vient tout droit de Berlin, la Germania du roman s’est inspirée de la ville actuelle ainsi que de la Germania qu’Albert Speer, l’architecte, avait dessiné pendant la seconde guerre mondiale. Je connais très bien Berlin, et pour ceux qui connaissent également, des clins d’œil sont glissés dans l’histoire de Smog. Je ne sais pas s’il y a vraiment une chose en particulier à découvrir là-bas ; j’apprécie ce pays et sa capitale, pour l’ouverture d’esprit, le sentiment de liberté, l’histoire portée par la ville est encore très marquée dans les pierres.

En dehors des histoires militaires et de complots dans vos livres, j'ai pu voir aussi quelques histoires d'inspiration fantastique très sombres comme "Les chroniques d'Oackwood : Dans l'ombre de la Demoiselle" ainsi que des participations à plusieurs anthologies qui ont l'air plutôt un peu éloignées des styles de vos autres romans. Du coup de quoi vous inspirez vous pour ce genre d’univers ? 

J’ai une autre passion que l’aviation, inavouable : les cimetières. Les Chroniques d’Oakwood en sont la conséquence ! C’est un roman sombre, macabre, frôlant parfois l’horreur, avec du romantisme, à l’ambiance gothique. Pour citer mon éditeur, la nécrophilie devient poétique sous ma plume... J’ai adoré l’écrire.

A une époque, j’écrivais beaucoup de nouvelles, ce que je fais moins désormais par manque de temps. La nouvelle permet de s’essayer à des genres qu’on ne connait pas, j’ai donc pu produire du trash-rock dans le Lamento des Ombres (Ed. du Chat Noir), une nouvelle incursion dans l’univers d’Oakwood avec Bal Masqué (Ed. du Chat Noir), mon premier texte steampunk dans Montres enchantées (Ed. du Chat Noir). J’ai publié d’autres textes, dans d’autres anthos, de la SF, du fantastique...

 

La demoiselle doakwood
Bal masque

Pouvez-vous nous éclairer sur cette nouvelle anthologie "Bal masqué" sortie récemment ? Ainsi que pour votre récit en tant que participante à cette anthologie ?

Le titre de l’anthologie donne le thème des nouvelles, ce sont des textes autour du bal et des masques. « Les loups sur les visages révèlent ou dissimulent les monstres de nos âmes », voici ce que l’on peut lire dans la quatrième de couverture. En l’occurrence, ma nouvelle intitulée « Le sang te va si bien » s’inscrit très bien dans cette phrase, elle permettra un retour dans l’univers d’Oakwood. Je suis très fière de figurer au sommaire à côté de noms d’auteurs connus dont j’apprécie énormément les écrits : Fabien Clavel, Mélanie Fazi, Estelle Faye, ou Vincent Tassy.

Avez-vous des habitudes spécifiques quand vous entamez un projet d’écriture ? Quelle ambiance avez-vous besoin pour vous plonger dans l'écriture de vos récits ?

J’aime avancer de manière régulière sur un projet. Je laisse germer quelques temps dans ma tête, et quand j'estime être prête, je commence le travail d'écriture. Je travaille sans plan, seulement avec des scènes-clés que je compte placer dans l’histoire à certains moments donnés. Ainsi, je laisse une énorme part à l’improvisation ou au changement de plan en cours de route. Je suis incapable de suivre une trame définie à l’avance minute par minute. Au contraire, j’aime me laisser surprendre par mes personnages, au risque d’être parfois forcée de remettre en question des pans entiers d’intrigue.

J’aime écrire en musique – ceux qui lisent mes romans auront noté les références à de nombreux groupes – et j’ai un fort penchant pour le métal sous toutes ses déclinaisons. Ce sont ces morceaux qui façonnent l’atmosphère de mes histoires.

 

Etant fan de musique Heavy et Rock, auriez-vous des groupes à conseiller pour s’imprégner de l'atmosphère de vos romans ?

Lord of the Lost, Eisbrecher, Avatar, Children of Bodom, Rammstein, Nightwish, Within Temptation, Queens of the stone age, Two steps from hell... Quelques exemples, mais la liste est extrêmement longue!

 

Quels auteurs vous inspirent pour vos livres ?

Des auteurs qui m’inspirent, je ne sais pas vraiment. Qui m’ont marquée pour une raison ou pour une autre, ou que j’adore, je peux en citer quelques-uns : Neil Gaiman, Raymond E. Feist, et pour en citer des Français, Jean-Philippe Jaworski, Cédric Ferrand, Laurent Whale, Vincent Tassy. 

De ce que j'ai pu voir, il y aurait 3 tomes dans la saga "Smog of Germania" & " Scents of orient". Pouvez-vous nous confirmer cela ?  Avez-vous déjà entamé l'écriture du troisième et pouvez-vous nous donner quelques pistes sur le thème de cette continuation ?

Il y aura bel et bien un troisième récit du monde mécanique, qui pour l’heure avance bien. Retour en Europe, pour celui-ci, et pour le compte, retour à une ambiance sombre et sans pitié. On recroisera des personnages rencontrés dans les deux autres volumes, ainsi que des personnages historiques tels que Manfred et Lothar von Richthofen, Anthony Fokker, George Clémenceau... et même Hermann Göring !

Merci d'avoir accepté cette interview Marianne, un petit mot pour la fin ?

Lecteurs, rien de tout cela ne serait possible sans vous ! Continuez à lire, à nous dire ce que vous avez aimé ou détesté, à venir à notre rencontre en salons, à nous donner cette motivation d’écrire !

 

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