Interview de Trash Doll Arts

 

Photographe autodidacte basée au Luxembourg, Trash Doll se démarque dans les univers décalés oscillants entre le féerique et l’obscurité.
Son univers est d’autant plus marqué par ses tenues et accessoires customisés, voir entièrement réalisés par elle.
Elle organise d’ailleurs l’année prochaine en février une troisième édition d’un shooting pro en groupe pour particuliers. 
Cette séance photo comprend également un make up d’une maquilleuse artistique, des costumes et coiffes et elle est déjà… entièrement sold-out, victime de son succès.

 

Comment a démarré ta passion pour la photographie ?

Un peu par hasard, à vrai dire.
Je faisais beaucoup d’autoportraits, où j’essayais de me mettre en scène.
Même si je n’avais qu’un appareil photo compact bas de gamme et que la qualité était plutôt moyenne, ça plaisait bien aux gens.
Ma tatoueuse à cette époque m’a demandé si j’étais d’accord qu’elle utilise une de mes photos dans son shop.
Elle ne voulait pas de photos classiques où l’on voyait principalement le tattoo.
De là nous est venue l’idée de faire toute une série dans ce style.
On s’est amusées à « déguiser » certaines de ses clientes en personnages et je les ai mises en scène et photographiées avec un appareil qu’on m’avait prêté pour l’occasion.
Quelques semaines plus tard, j’achetais mon tout premier boîtier et l’aventure commençait…


Tu viens du Luxembourg, êtes-vous nombreux là-bas à exercer en tant que photographes alternatifs ?
Travailles-tu avec des modèles venant aussi du Luxembourg ou d’autres pays ?

Non, je ne pense pas que nous soyons très nombreux, mais ça ne m’a personnellement jamais dérangé.

Bien sûr je travaille avec des modèles luxembourgeoises, mais vu la taille du pays et aussi la proximité des pays voisins, j’ai la chance de travailler avec des modèles venant de France, de Belgique ou d’Allemagne principalement.

Il y a-t-il une leçon en particulier que tu as apprise dans la photographie et qui t’as permis d’évoluer considérablement dans ton univers ?

J’ai longtemps cherché mon chemin dans la photo.
Au début, j’ai collaboré avec certains photographes (classiques) sur de nombreux projets, mais ce n’est que quand j’ai compris que je devais absolument laisser tomber toutes les séances qui m’ennuyaient, que j’ai pu avancer dans ce qui est aujourd’hui devenu mon univers.

La leçon la plus importante que j’en ai tirée est certainement le fait d’assumer qui je suis, ainsi que mon travail.
Assumer mes goûts et mes choix photographiques.
Apprendre que c’était tout à fait ok de ne pas plaire à tout le monde et que s’en était pareil pour mon travail photographique.



Nombreuses sont les personnes souhaitant se lancer dans la photographie... Quelle est selon toi la chose la plus importante à retenir pour ses personnes là désirant évoluer dans ce milieu ?

C’est très difficile comme question, parce que je pense que chacun à un chemin différent et sa propre évolution.
Je pense que ce qui est le plus important, ou du moins pour moi, c’est d’essayer de trouver ce qui te fait vraiment plaisir à réaliser, pas juste essayer d’avoir une certaine technique ou de copier d’autres photographes dont on admire le travail, mais d’essayer de vraiment trouver son petit coin de paradis.
Pour évoluer, il est surtout important de se remettre en question, d’essayer de nouvelles choses.

Quel est ton meilleur souvenir de shooting ?

Oh il y en a tellement… c’est difficile de n’en citer qu’un seul !
Mes meilleurs souvenirs restent les tout premiers shootings avec des personnes coup de cœur.
Je parle notamment de ma rencontre avec la tatoueuse Pomme, pour qui c’était son premier shooting et de qui j’ai fait un des portraits dont je suis le plus contente jusqu’à ce jour.
Ou encore Cécile, qui était à ce moment une modèle alternative populaire et qui m’a fait confiance alors que je n’avais à ce moment pas grand-chose à montrer.
Pour ne citer que celles-ci…

 

Tu confectionnes aussi des tenues pour tes shootings, d’où t’es venu ce talent pour customiser et créer des tenues ?

Quand j’ai une idée pour un shooting, c’est souvent une image complète qui me vient en tête.
Comme j’aime m’occuper des petits détails, je commence à rechercher les tenues et les accessoires.
Ce n’est pas vraiment facile de trouver exactement ce qu’on a en tête chez des stylistes, et encore moins de trouver des créateurs prêts à collaborer pour des shootings, du coup, comme j’ai toujours aimé bricoler, c’est venu plutôt naturellement le fait de créer ou customiser mes propres choses.
Ce que j’aime là-dedans c’est d’avoir des pièces uniques qui sont vraiment faites pour l’idée que j’avais en tête et qu’on ne va pas revoir mille fois chez tous les photographes du coin. 

Pourquoi ne pas avoir encore proposé tes magnifiques créations à la vente ?

C’est vrai qu’on m’a déjà demandé si certaines créations étaient à vendre, mais pour le moment, j’aurais vraiment du mal à m’en séparer.
Je me dis que ça fait partie du package Trash Doll Arts et que ça doit être un petit plus pour les gens qui décident de me faire confiance pour leur shooting.
Peut-être dans le futur, j’arriverai à me séparer de certaines, mais ce n’est clairement pas dans cette optique que je crée de nouvelles pièces.  



Quels photographes admires-tu profondément le travail et qui sont une source d’inspiration pour toi ?

Pour son côté féérique et créatif, je suis en admiration totale pour le travail de Kirsty Mitchell qui est pour moi une artiste hors norme.
Son livre photographique « Wonderland » est pour moi une bible artistique.

Ensuite, pour son côté kitsch et humoristique, ses couleurs acidulées et ses mises en scène, je ne peux qu’adorer le grand David LaChapelle.

J’aime aussi beaucoup l’univers féérique dark de Bella Kotak et puis pour finir la photographe Au-Contraire, que j’ai suivi très longtemps avant d’avoir le courage d’aller la rencontrer sur un de ses workshops. 

Y a-t-il un projet fou que tu souhaiterais réaliser en photographie, mais que tu n’oses pas encore pour le moment ?

J’aimerais faire un jour des photos féériques sous l’eau.
Je pense que ce n’est pas forcément facile à réaliser, mais qui sait si je décide de m’y mettre sérieusement et que je trouve quelqu’un d’expérimenté sur le sujet qui serait d’accord de m’encadrer, c’est un projet que j’aimerais vraiment concrétiser un jour…



Quelle est ta plus belle réussite dans ton travail selon toi ?

C’est très difficile pour moi de parler de réussite, car je suis une éternelle insatisfaite.
Je me console en me disant que c’est ce qui me fait avancer.
C’est une motivation pour pousser mes limites à chaque fois en tentant d’en apprendre toujours davantage pour ne pas rester sur mes acquis.  

Où pouvons-nous suivre ton travail en tant que photographe ainsi que ton actualité ?

Sur mon site : www.trashdollarts.com qui contient un blog que j’essaie de mettre à jour au mieux possible et où l’on retrouve les liens vers les traditionnels Facebook (www.facebook.com/TrashDollArts) et Instagram (www.instagram.com/trash_doll_arts).