Interview de Camille Pfister Illustratrice & Fashion designer

 Camille Pfister est une illustratrice et une fashion designer de Paris.
Au travers de ses illustrations, elle nous présente un univers de haute couture ou l’enfance côtoie la mode et l’élégance avec le personnage d’Antonella, mais aussi un monde plus sombre et adulte ou le sens de la mode reste relativement très présent lui aussi avec ses fashion girlfriends.
Un mélange raffiné, sensible, aux inspirations cinématographiques variées rendant hommage aux plus belles créations de l’histoire de l’art et de la mode.


 

Nous te connaissons en tant qu’illustratrice et fashion designer à travers tes créations, mais pourrais-tu nous dire qui se cache derrière Camille Pfister ?
 Comment en es-tu arrivée à travailler en tant qu’illustratrice indépendante dans ton parcours personnel/ professionnel ?

J’ai toujours dessiné. Durant toute mon adolescence, j’ai pris des cours de pastels secs et de techniques et apprentissage des couleurs dispensés par Bénédicte Charpentier, une artiste peintre-sculpteur.
J’ai ensuite fait une prépa Beaux-Arts à Paris et puis quatre années de stylisme également à Paris et Milan.
De retour à la capitale, j’ai recherché un travail dans le milieu de la mode.
À défaut d’en trouver un, je me suis replongée dans le dessin pur.
Petit à petit, grâce aux réseaux sociaux, cela à pris de l’ampleur et dessiner est donc maintenant ma vie !

 

Antonella est un personnage important qui revient souvent dans tes créations, comment est-elle née ? D’où vient-elle ? 

Elle est née durant mon année préparatoire à l’Atelier de Sèvres.
Pour préparer les concours aux écoles d’art, on nous demandait de dessiner un maximum, d’explorer plusieurs pistes pour ensuite se focaliser sur deux-trois.
Un jour, Antonella est apparue et j’ai suivi la piste de cette petite fille de cinq ans qui fait quelques fois de très grosses bêtises.
Elle est une partie de moi, et évolue avec moi.

Les créations de haute couture reviennent la plupart du temps dans tes illustrations, quels sont les créateurs de haute couture dont tu suis le plus activement les nouveautés ?

Dure question ! Il y en a tellement ! Je suis une très grande admiratrice du travail d’Alexander McQueen.
C’est lui qui m’a donné envie de travailler dans la mode.
Plus le temps passe, plus je me sens proche de la vision de la femme défendue par la maison Dior.
Après c’est au grès des saisons. Je m’attache plus à des découpes, des couleurs, une certaine idée de la féminité qu’à une marque ou un créateur en particulier.

 

Tu as aussi certaines influences plus sombres dans tes créations comme celles de Tim Burton, Wednesday Addams et des personnages au style vestimentaire d’inspiration gothique.
Que représente cette esthétique pour toi ?


J’aime énormément l’esthétique et la culture gothique, et donc forcément Tim Burton, Guillermo del Toro, l’époque victorienne.
Mais au-delà de ça, c’est la philosophie de ce mouvement qui m’inspire.
Les personnes issues de cette mouvance ont pour particularité d’exprimer leurs émotions, leur vision du monde, leur psyché à travers leur apparence.
Et c’est cette capacité à montrer ses fêlures, sa sensibilité, ses troubles, à les embrasser et les transformer en quelque de beau qui m’inspire.
Cette idée de montrer ses faiblesses et d’en faire quelque chose d’agréable à regarder est à la base de mon travail.

Avec quels différents outils et matériaux travailles-tu pour tes illustrations et combien de temps prend en moyenne chaque création ?

Je suis incapable de dire combien de temps je mets pour créer un dessin ; car cela ne se limite pas au croquis et la mise en couleur même, mais aussi à toute la réflexion et aux recherches, et ces étapes peuvent énormément s’étaler dans le temps !
Sinon, j’utilise des marqueurs, des crayons de couleur, de l’aquarelle, de l’encre, de la gouache et de l’acrylique pour mes créations.

 

Certaines illustrations sont disponibles à la vente avec un cadre magnifique les accompagnant, est-ce toi également qui les customises ?
 Les considères-tu comme un prolongement de ton illustration ?

 

Oui c’est moi qui les customise. C’est un chemin que je suis de plus en plus et qui, je l’espère prendra de l’ampleur en 2018.
Quand je décide, au tout début du processus de création, que le dessin sera encadré, le travail sur l’illustration et sur le cadre se fait en parallèle jusqu’à la fin.
Pour ces tableaux, ils sont indissociables, l’un est le prolongement de l’autre, autant esthétiquement que pour sa compréhension.

 

Quels courants d’art t’influencent le plus ?

Par-dessus tout le symbolisme. Mais aussi le pop surréalisme et le pré-raphaëlisme.
Mais comme pour la mode, je m’attache plus à des artistes en particuliers qu’à des mouvements.


Les personnages représentés ont toutes des moues songeuses, inquiètes voir tristes, pourquoi avoir choisi cette palette d’émotions plus que d’autres ?
As-tu de nouveaux thèmes en tête pas encore explorés pour un nouveau projet d’illustration en série ou autre chose ?

Durant des études, un de mes profs nous a dit un jour que l’on devait pouvoir lire la vision du monde d’un artiste dans n’importe lequel de ces dessins.
Mes personnages sont le reflet de ma vision du monde.

Quant à des thèmes ou pistes de réflexion pour mes futurs projets, je suis en train d’y réfléchir, mais il est trop tôt pour pouvoir les partager.
 

Avec qui aimerais-tu beaucoup travailler en collaboration ?


Oh j’ai tellement de rêves ! Comme travailler avec jérémie Almanza, que j’admire énormément ou bien une collaboration avec Ladurée ou la maison Dior !



Où peut-on suivre l’actualité de tes créations et les acheter ?

Je suis présente sur Instagram (@camillepfister), sur Facebook (@CamillepfisterArt).
J’ai également une boutique en ligne : camillpfister.etsy.com .